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Et ils sont là, juste pour écouter, apporter un indicible apaisement aux personnes gravement malades ou en fin de vie, comme a leurs proches.
Un bel élan du cœur qui garantit de forts moments de partage
Lorsque j'entre dans la chambre, je ne vois pas un malade, mais la personne.
Comme nous ne sommes ni du corps médical ni de la famille, elle peut tout nous confier, pleurer, crier, nous dire merde... On s'ajuste, on peut passer des larmes aux rires. Ce sont des moments vrais, sincères, sans masques », témoigne très humblement Joëlle Barrier. « Il y a beaucoup d'émotion, c'est ce qui fait la richesse de cet accompagnement. »
Le mouvement Être-là ASP forme ses bénévoles à « recevoir », « soulager l'âme » par une écoute qui peut aussi être non verbale, une présence, un geste apaisant.
ASP pour Accompagner en soins palliatifs. L'appellation fait forcément écho en chacun de nous. Elle nous renvoie à la maladie, la nôtre, celle des autres, celles dont on ne guérit pas. À la fin de vie aussi que chacun souhaite digne. Quand on parle de soins palliatifs, trop souvent assimilés avec derniers soins, sous-entendus médicaux, on pense à cette mort au bout du chemin. Mais ce qui compte pour ces dévoués bénévoles, c'est bien la vie qui est encore là. Un « prendre soin » autrement pour en améliorer les condi-tions, soulager la souffrance psychologique.
« Notre intervention commence dès l'annonce de la maladie qui peut durer des années, pour laquelle il peut y avoir rémission, et nous intervenons dans les services comme à domicile », précise Jean-Paul Cosset, président depuis douze ans.
« Chaque accompagnement est une leçon de vie. »
Ces bénévoles forcent le respect tant leur engagement est profond.Prenant aussi.
« L'accès à ce bénévolat passe par au moins trois entretiens successifs, avec le président, un groupe de bénévoles, un psychologue. À l'issue de cette démarche, on valide ou non la candidature. Ensuite, le bénévole suit des formations, sur le savoir-être et le savoir faire, qui sont échelonnées les week-ends pendant plusieurs mois. » Il acquiert ainsi une réelle compétence.
Voilà sept ans que Joëlle Barrier a franchi le pas, sans jamais se départir de cette bienveillante empathie qui favorise l'écoute, comme la quinzaine d'accompagnants de tous âges se retrouvant régulièrement autour de moments conviviaux. Une façon d'évacuer, en dehors de leur mensuel groupe de parole. « Nous une équipe soudée qui prend du plaisir à cet engagement. C'est une démarche particulière qui découle d'un vécu et de motivations propres à chacun. »
Pour le président, « chaque accompagnement est une leçon de vie. On peut voir le confort que l'on apporte. La plupart du temps, on ne connaît même pas la pathologie de la personne.
Elle est libre de nous en parler en toute confiance et en toute confidentialité, comme le reste ».
Déjà bénévole dans la structure, Françoise Glouton envisage elle aussi de se former à accompagner car « on soigne de mieux en mieux, sur des temps de plus en plus longs, ce qui augmente le nombre de malades... » Pour simplement « être là », à leurs côtés, et partager un bout de chemin en humanité.
]• MCM
→ Pour les joindre: 05.55.84.39.34.
Une sensibilisation des personnels du CCAS
Le CCAS de la Ville finalise une convention avec l'association Être-là afin de mettre en place des sessions de formation auprès d'agents de ses différents services. « L'association va nous apporter sa compétence notamment en matière d'écoute verbale et non verbale », précise Michel Da Cunha, maire adjoint à l'Action sociale. « Nous avons proposé cette sensibilisation et nous avons eu des retours très intéressés de nos personnels. » Vont pouvoir en bénéficier les équipes du SSIAD (service de soins infirmiers à domicile), de l'équipe mobile lien social et des résidences autonomie. « Des sessions devraient être mises en place très prochainement sur la base du volontariat.
Une unité de soins palliatifs en novembre
C'était acté. L'USP départementale va devenir réalité courant novembre. Portée par les deux centres hospitaliers de Brive et Tulle, cette structure hospitalière accueillera des patients atteints de maladies graves, évolutives ou terminales, présentant des symptômes complexes à tous les stades de leur parcours. Elle comprendra huit lits à Brive, six à Tulle. Elle s'appuiera sur une équipe pluridisciplinaire composée de médecins spécialisés en soins palliatifs, infirmiers formés, psychologues, assistants sociaux, professionnels paramédicaux et des bénévoles accompagnants d'Être-là.
Une journée pour s'informer
Mercredi 1er octobre, l'association tiendra toute la journée un stand dans le hall du centre hospitalier de Brive et dans le hall de son service oncologie. Un prélude à la journée mondiale du 7 octobre.
En chansons pour poser un autre regard
Vous êtes-vous demandé à quel point les chansons impriment notre vision des choses?
Vendredi 24 octobre à 20h à l'Espace Chadourne, l'association propose une soirée décalée et humoristique intitulée « Réen-chanter les vieillesses » et interprétée par deux éminents intervenants. L'un, Michel Billé, est sociologue, spécialisé notamment dans le domaine des handicaps et de la vieillesse. L'autre, Didier Martz, philosophe, auteur et musicien. Et les deux font une belle paire pour cette conférence chantée, poser les mots, en sourire, en rire.
L'occasion aussi de rencontrer les bénévoles d'Être-là. Entrée :
5 euros. Sur place ou réservation au 05.55.84.39.34.
Brivemag N ° 389 - Octobre 2025

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